Tsoknyi Rinpoché ~ La méditation expliquée simplement

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Pensée de la semaine

 

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Amour en calligraphie tibétaine

[…] je suis convaincu qu’avec un entraînement régulier il est tout à fait possible de transformer son esprit dans un sens positif, en cultivant les pensées, les attitudes et les tendances qui sont bénéfiques à nous-mêmes et aux autres, et en réduisant celles qui sont nuisibles.

14ème DALAI LAMA, TENZIN GYATSO (Extrait cité par Matthieu Ricard sur son blog)

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Karma et responsabilité

« Un être humain fait partie d’un tout que nous appelons « L’Univers » ; il demeure limité dans le temps et dans l’espace. Il fait l’expérience de son être, de ses pensées et de ses sensations comme étant séparés du reste – une sorte d’illusion d’optique de sa conscience. Cette illusion est pour nous une prison, nous restreignant à nos désirs personnels et à une affection réservée à nos proches. Notre tâche est de nous libérer de cette prison en élargissant le cercle de notre compassion afin qu’il embrasse tous les êtres vivants, et la nature entière, dans sa splendeur. »  Albert Einstein

cité dans Le Livre tibétain de la vie et de la mort, chap. 6, p. 197

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Le développement personnel : pour qui ?

Publié le 12 janvier 2016 par Matthieu Ricard

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De nos jours, on parle de plus en plus de « développement personnel », une expression que l’on met à toutes les sauces et qui est devenu une sorte de fourre-tout dans lequel on range indistinctement des recettes en sept points pour devenir séduisant et heureux en une semaine, et des écrits qui visent à éclairer notre lanterne pour nous permettre de devenir de meilleurs êtres humains — écrits fondés sur des méthodes ancrées non pas dans la fantaisie du moment mais dans des traditions de sagesse qui ont été pratiquées pendant des millénaires par des personnes qui y consacraient une bonne partie de leur existence.

Quand on parle aujourd’hui de développement personnel, il s’agit trop souvent de suggérer des changements cosmétiques qui visent davantage à pomponner notre narcissisme qu’à éradiquer nos défauts et à dissiper les brumes notre confusion mentale.

La transformation de soi-même, telle que l’ont conçue les sagesses du monde, qu’elles soient d’origine religieuses, spirituelles, ou humanistes, n’a pas pour but de flatter l’ego ou de lui apprendre à mieux réaliser ses caprices, mais de nous aider à devenir graduellement un meilleur être humain à la sueur de notre front. Cette affirmation peut paraître pompeuse, mais en vérité le but de la transformation personnelle est bien d’éradiquer l’animosité, l’attachement obsessionnel, le manque de discernement, l’arrogance, la jalousie et autres toxines mentales qui perturbent notre existence et celle des autres. Ce n’est pas une mince affaire.

Ce n’est donc ni une entreprise à court terme, ni une approche égocentrée, ni une dérobade qui nous apprenne à apprécier nos défauts pour s’épargner l’effort d’y remédier.

Plus que tout, il faut se demander quel sera le bénéficiaire de ce « développement personnel ». S’il s’agit uniquement de soi-même, c’est une totale perte de temps. La transformation de soi n’a de sens que si elle nous permet, par voie de conséquence, de mieux nous mettre au service des autres. Développement personnel sans bonté n’est que la construction de la tour d’ivoire de l’égocentrisme. Méditation sans bienveillance revient à passer quelques moments tranquilles dans la bulle de l’ego.

La transformation personnelle doit nous permettre de passer de la confusion à la connaissance, de l’asservissement à la liberté intérieure. Son but est l’accomplissement du bien d’autrui. Un enseignement bouddhiste ne dit-il pas : « Ce qui n’est pas fait pour le bien d’autrui, ne mérite pas d’être entrepris. » À bon entendeur, salut !

— Ces quelques réflexions nous sont venues à l’esprit à l’occasion de la parution de « Trois amis en quête de sagesse » , le fruit de l’amitié entre Christophe André, Alexandre Jollien et moi-même. Allary Éditons et L’Iconoclaste.

voir le blog de Matthieu Ricard 

 

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Les bouddhistes s’engagent pour le climat

Déclaration bouddhiste pour les dirigeants mondiaux sur les changements climatiques du 29 octobre 2015

Cette déclaration a été signée par sa Sainteté le Dalaï Lama et de nombreux chefs spirituels et Maîtres bouddhistes, dont Sogyal Rinpoché*.

Nous soussignés, chefs spirituels bouddhistes, nous sommes rassemblés préalablement à la 21ème séance de la Conférence des parties (COP21) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui aura lieu à Paris, pour unir nos voix aux appels croissants à ce que les dirigeants mondiaux coopèrent avec compassion et sagesse et parviennent à un accord ambitieux et efficace sur le climat.

Nous sommes à un moment charnière, où notre survie et celle des autres espèces sont en jeu en raison de nos actes. Il est encore temps de ralentir les changements climatiques et de limiter leurs impacts, mais pour ce faire, le sommet de Paris devra nous mettre sur la voie de l’abandon des énergies fossiles. Nous devons garantir la protection des plus vulnérables, par des mesures visionnaires et globales d’atténuation et d’adaptation.

Notre préoccupation est fondée sur la prise de conscience du Bouddha de la coproduction interdépendante, qui relie tout ce qui est dans l’univers. Comprendre cette causalité interdépendante ainsi que les conséquences de nos actes représente une étape clé pour réduire notre impact environnemental. En cultivant la vision profonde de l’inter-être et de la compassion, nous serons capables d’agir par amour, et non par peur, pour protéger notre planète. C’est un thème dont les chefs spirituels bouddhistes parlent depuis des décennies. Cependant, le quotidien peut facilement nous faire oublier que notre vie est inextricablement liée au milieu naturel par chaque respiration que nous prenons, par l’eau que nous buvons et par la nourriture que nous mangeons. Par manque de vision profonde, nous sommes en train de détruire les écosystèmes mêmes dont nous, et tous les autres êtres vivants, dépendons pour notre survie.

Nous jugeons impératif la reconnaissance par la communauté bouddhiste mondiale que nous dépendons à la fois les uns des autres et du milieu naturel. Ensemble, l’humanité doit agir sur les causes premières de cette crise environnementale, qui est engendrée par notre utilisation des énergies fossiles, par des modèles de consommation non viables, par notre manque de conscience, et par le peu de préoccupations des conséquences de nos actes.

Nous soutenons vivement « C’est maintenant qu’il faut agir : Une déclaration bouddhiste sur les changements climatiques », qui est approuvée par des chefs spirituels et des représentants de sanghas bouddhistes du monde entier. Nous nous réjouissons et nous soutenons également des déclarations sur les changements climatiques d’autres traditions religieuses. Celles-ci incluent l’encyclique du Pape François publiée cette année, Laudato si’ : Sur la sauvegarde de la maison commune, la Déclaration islamique sur les changements climatiques, ainsi que l’imminenteDéclaration hindouiste sur les changements climatiques. Nous sommes unis dans notre volonté de sortir des énergies fossiles, de réduire notre consommation, et dans l’impératif éthique d’agir à la fois contre les causes et contre les impacts des changements climatiques, surtout chez les plus pauvres.

À cette fin, nous exhortons les dirigeants mondiaux à faire preuve d’une volonté politique de combler l’écart entre les besoins et les promesses des pays parties en matière de réduction des émissions et à garantir une augmentation de la température moyenne mondiale inférieure à 1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle. Nous demandons également qu’ils augmentent d’un commun accord les financements climatiques, de façon à aider les pays en voie de développement à se préparer aux impacts climatiques et à nous aider tous à effectuer une transition vers un avenir bas carbone sans danger.

La bonne nouvelle est qu’une occasion unique d’opérer un tournant décisif se présentera avec les négociations pour le climat à Paris. Les scientifiques nous assurent qu’il est possible, sur le plan technologique comme sur le plan économique, de limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à moins d’1,5 degré Celsius. La sortie progressive des énergies fossiles et la transition vers une utilisation exclusive d’énergies propres et renouvelables engendreront non seulement le passage à une économie bas carbone dans le monde, mais nous aideront également à nous engager sur un chemin de renouveau spirituel dont nous avons le plus grand besoin. Outre notre progression spirituelle, et conformément aux recommandations des Nations unies, protéger nos forêts, tendre vers une alimentation basée sur des aliments d’origine végétale, réduire notre consommation, recycler, adopter les énergies renouvelables, prendre l’avion moins souvent et préférer les transports en commun comptent parmi les actions les plus efficaces que nous pouvons accomplir en tant qu’individus. Nous pouvons tous changer les choses.

Nous demandons aux dirigeants mondiaux de reconnaître et d’assumer la responsabilité universelle que nous avons de protéger le tissu de la vie pour le bien de tous, à présent et dans le futur.

Pour ces raisons, nous demandons à toutes les parties présentes à Paris :

  1. d’être guidées par la dimension morale des changements climatiques telle qu’indiquée dans l’article 3 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
  2. d’accepter de sortir progressivement des énergies fossiles pour opérer une transition vers l’utilisation d’énergies renouvelables et propres à 100%.
  3. de faire preuve d’une volonté politique de combler l’écart entre les besoins et les promesses des pays parties en matière de réduction des émissions, afin de garantir que la température moyenne mondiale augmentera de moins d’1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle.
  4. de s’engager fermement à augmenter les financements au-delà des cent milliards de dollars promis en 2009 à Copenhague, y compris pour le Fonds vert pour le climat (GCF), afin d’aider les pays en voie de développement vulnérables à se préparer aux conséquences des changements climatiques ainsi qu’à une transition vers une économie bas carbone.

C’est maintenant qu’il faut agir.

Cordialement,

 

*plus d’informations ici

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Sortir de l’enfer grâce à la compassion

En écho aux récents évènements, nous vous proposons ici un article publié le 18 novembre 2015 par Matthieu Ricard, sur son blog

« Quelle que soit la personne que tu rencontres, sache qu’elle a déjà plusieurs fois traversé l’enfer, » écrit Christian Bobin. C’est bien un enfer qu’ont vécu nos frères et sœurs parisiens, ceux qui ont perdu la vie, ceux qui ont été grièvement blessés, leurs proches et tous ceux qui ont été bouleversés par la tragédie qui a frappé un pays en paix depuis plus d’un demi-siècle. Comment ne pas perdre courage ? Comment réagir avec justesse devant un tel déferlement de barbarie ? Se résigner à une situation inacceptable ? Faire preuve de fortitude ? La résignation mène au découragement et à la passivité. La résilience, elle, engendre la force d’âme indispensable pour faire face à l’adversité avec sagesse et compassion. Quant à la peur, nous devons la surmonter par la solidarité.

Dans le cas d’une organisation comme Daech, il ne s’agit pas de tolérer leurs actions innommables. Nous devons tout faire pour y mettre fin. Dans le même temps, il faut se rendre compte que ces gens ne sont pas nés avec le désir de couper des têtes et de massacrer tous les habitants d’un village. Un ensemble de causes et de conditions les a conduits à ce terrible comportement. La compassion, dans ce cas, c’est le désir de remédier aux causes, comme un médecin souhaite mettre fin à une épidémie. Cela implique, parmi d’autres moyens, de remédier aux inégalités dans le monde, de permettre aux jeunes d’accéder à une meilleure éducation, d’améliorer le statut des femmes, etc., pour que disparaisse le terreau social dans lequel ces mouvements extrêmes prennent racine.

Quand la haine a déjà enflammé l’esprit de quelqu’un, la compassion consiste à adopter face à lui l’attitude du médecin envers un fou furieux. Il faut d’abord l’empêcher de nuire. Mais, comme le médecin qui s’attaque au mal qui ronge l’esprit du fou sans prendre un gourdin et réduire son cerveau en bouillie, il faut aussi envisager tous les moyens possibles pour résoudre le problème sans tomber soi-même dans la violence et la haine. Si la haine répond à la haine, le problème n’aura jamais de fin. Le moment est venu d’appliquer le baume de la compassion sur nos blessures et nos peines et sur la folie du monde.

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