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Bouddha, la légende dorée, Exposition au Musée Guimet

Pour la première fois en France une exposition événement est consacrée à la vie du Bouddha et à la diffusion du bouddhisme en Asie. L’exposition met en exergue la richesse des traditions iconographiques et stylistiques se rapportant à la représentation de la vie exemplaire et édifiante du fondateur du bouddhisme.

Conçue sur un mode transversal, l’exposition confronte les modes d’expression artistique des différentes aires culturelles de l’Asie et en révèle les similitudes et l’originalité, pour mieux souligner la diversité et la richesse des arts asiatiques. Articulée autour des grands « miracles » de la vie du Bienheureux (naissance, éveil, premier sermon, accès au nirvana), l’exposition permet d’admirer un ensemble représentatif d’oeuvres issues des collections du MNAAG et de comprendre par l’illustration les épisodes de la vie du Bouddha.

Shakyamuni entrant dans le nirvana (Nehan no Shaka) Japon, 19e siècle Bois laqué et doré H. 20 ; L. 80 ; P. 25 cm Fonds ancien, MG 10633 © RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier

En s’appuyant sur les chefs-d’oeuvre du musée, les grandes étapes de la vie du Bouddha sont retracées, depuis sa naissance survenue dans le parc de Lumbini au sud du Népal jusqu’à sa totale extinction à Kushinagara dans l’État indien de l’Uttar Pradesh. Il s’agit de mettre en regard les représentations du Bienheureux lui-même dans les multiples transcriptions iconographiques et esthétiques déclinées dans les divers pays d’Asie, de l’Afghanistan au Japon et de la Chine à l’Indonésie, où peintures, statuaires et plus marginalement architecture, sont mises à l’honneur. Narrant le destin d’un homme aux qualités intellectuelles et morales exceptionnelles, la vie du Bouddha se déroule telle une geste de l’esprit, tour à tour concrète et banale, miraculeuse et transcendante.

Bouddha assis faisant le geste de la prédication Corée, époque Koryo, 11e – 12 e siècle Bois doré H. 62 ; L. 48 ; P. 33 cm Mission Charles Varat (1888), MG 15281 © MNAAG, Paris, Dist. RMN-Grand Palais / Jean-Yves et Nicolas Dubois

Quatrième religion au monde en nombre de fidèles, derrière le christianisme, l’islam et l’hindouisme, le bouddhisme représente le véritable fil conducteur du parcours muséographique qui se découpe en dix séquences, depuis les scènes des vies antérieures jusqu’à l’esthétisme de l’image du Bouddha en Asie, en passant par le premier sermon et la communauté monastique (dont les arhat). Ainsi sont rappelées les circonstances de l’apparition du bouddhisme en Inde, aux environs du 5e siècle avant J.-C., puis l’évocation de la « Bonne Loi » et les principales évolutions doctrinales qui ont marqué son développement : bouddhisme ancien (theravada), bouddhisme du grand véhicule (mahayana) et bouddhisme du véhicule de diamant (vajrayana).

Cette exposition, qui présente 159 œuvres au total, fruit de quatre années de préparation, nous offre les clefs nous offre les clefs de compréhension essentielles associées à la légende du Bouddha.

▬▬INFORMATIONS PRATIQUES▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Exposition Bouddha – La légende dorée au Musée Guimet
Du 19 juin au 04 novembre 2019

Justice sociale, société de consommation et simplicité volontaire

Par Matthieu Ricard le 29 janvier 2019

Mr3809Alors que le malaise social se manifeste de toutes sortes de façons dans le monde et s’exprime de manière aiguë en France, il semble désirable d’examiner la situation à plusieurs niveaux. Le plus évident est celui de la pauvreté au sein de la richesse. C’est le sort d’un grand nombre de personnes qui se trouvent acculées à la précarité bien qu’elles fassent de leur mieux pour mener une vie décente. Cela est une évidence de tous les jours dans les pays pauvres, mais c’est aussi un mal croissant dans les pays dits « riches » en raison de l’accroissement des inégalités. Au cours des trente dernières années, les inégalités n’ont cessé de s’accroître dans tous les pays membres de l’OCDE (les pays plus nantis). Un chiffre, parmi de nombreux autres, récemment cité par OXFAM, ne peut que nous interpeller : les 25 milliardaires les plus riches possèdent autant d’argent que la moitié de l’humanité. En France 8 milliardaires français détiennent autant que les 30% les plus pauvres. Une telle situation est absurde, indécente et inacceptable. Elle révèle des vices majeurs dans le système qui prévaut actuellement. On sait aussi que le soi-disant « ruissellement » de la richesse vers le bas ne s’est jamais véritablement produit. Il importe donc d’œuvrer avec discernement et détermination vers une société plus équitable.Société de consommation Ce qui suit ne concerne pas ceux qui ont beaucoup de mal à assurer leur subsistance.la suite sur le Blog de Matthieu Ricard

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Tsoknyi Rinpoché ~ La méditation expliquée simplement

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Karma et responsabilité

« Un être humain fait partie d’un tout que nous appelons « L’Univers » ; il demeure limité dans le temps et dans l’espace. Il fait l’expérience de son être, de ses pensées et de ses sensations comme étant séparés du reste – une sorte d’illusion d’optique de sa conscience. Cette illusion est pour nous une prison, nous restreignant à nos désirs personnels et à une affection réservée à nos proches. Notre tâche est de nous libérer de cette prison en élargissant le cercle de notre compassion afin qu’il embrasse tous les êtres vivants, et la nature entière, dans sa splendeur. »  Albert Einstein

cité dans Le Livre tibétain de la vie et de la mort, chap. 6, p. 197

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Les bouddhistes s’engagent pour le climat

Déclaration bouddhiste pour les dirigeants mondiaux sur les changements climatiques du 29 octobre 2015

Cette déclaration a été signée par sa Sainteté le Dalaï Lama et de nombreux chefs spirituels et Maîtres bouddhistes, dont Sogyal Rinpoché*.

Nous soussignés, chefs spirituels bouddhistes, nous sommes rassemblés préalablement à la 21ème séance de la Conférence des parties (COP21) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui aura lieu à Paris, pour unir nos voix aux appels croissants à ce que les dirigeants mondiaux coopèrent avec compassion et sagesse et parviennent à un accord ambitieux et efficace sur le climat.

Nous sommes à un moment charnière, où notre survie et celle des autres espèces sont en jeu en raison de nos actes. Il est encore temps de ralentir les changements climatiques et de limiter leurs impacts, mais pour ce faire, le sommet de Paris devra nous mettre sur la voie de l’abandon des énergies fossiles. Nous devons garantir la protection des plus vulnérables, par des mesures visionnaires et globales d’atténuation et d’adaptation.

Notre préoccupation est fondée sur la prise de conscience du Bouddha de la coproduction interdépendante, qui relie tout ce qui est dans l’univers. Comprendre cette causalité interdépendante ainsi que les conséquences de nos actes représente une étape clé pour réduire notre impact environnemental. En cultivant la vision profonde de l’inter-être et de la compassion, nous serons capables d’agir par amour, et non par peur, pour protéger notre planète. C’est un thème dont les chefs spirituels bouddhistes parlent depuis des décennies. Cependant, le quotidien peut facilement nous faire oublier que notre vie est inextricablement liée au milieu naturel par chaque respiration que nous prenons, par l’eau que nous buvons et par la nourriture que nous mangeons. Par manque de vision profonde, nous sommes en train de détruire les écosystèmes mêmes dont nous, et tous les autres êtres vivants, dépendons pour notre survie.

Nous jugeons impératif la reconnaissance par la communauté bouddhiste mondiale que nous dépendons à la fois les uns des autres et du milieu naturel. Ensemble, l’humanité doit agir sur les causes premières de cette crise environnementale, qui est engendrée par notre utilisation des énergies fossiles, par des modèles de consommation non viables, par notre manque de conscience, et par le peu de préoccupations des conséquences de nos actes.

Nous soutenons vivement « C’est maintenant qu’il faut agir : Une déclaration bouddhiste sur les changements climatiques », qui est approuvée par des chefs spirituels et des représentants de sanghas bouddhistes du monde entier. Nous nous réjouissons et nous soutenons également des déclarations sur les changements climatiques d’autres traditions religieuses. Celles-ci incluent l’encyclique du Pape François publiée cette année, Laudato si’ : Sur la sauvegarde de la maison commune, la Déclaration islamique sur les changements climatiques, ainsi que l’imminenteDéclaration hindouiste sur les changements climatiques. Nous sommes unis dans notre volonté de sortir des énergies fossiles, de réduire notre consommation, et dans l’impératif éthique d’agir à la fois contre les causes et contre les impacts des changements climatiques, surtout chez les plus pauvres.

À cette fin, nous exhortons les dirigeants mondiaux à faire preuve d’une volonté politique de combler l’écart entre les besoins et les promesses des pays parties en matière de réduction des émissions et à garantir une augmentation de la température moyenne mondiale inférieure à 1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle. Nous demandons également qu’ils augmentent d’un commun accord les financements climatiques, de façon à aider les pays en voie de développement à se préparer aux impacts climatiques et à nous aider tous à effectuer une transition vers un avenir bas carbone sans danger.

La bonne nouvelle est qu’une occasion unique d’opérer un tournant décisif se présentera avec les négociations pour le climat à Paris. Les scientifiques nous assurent qu’il est possible, sur le plan technologique comme sur le plan économique, de limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à moins d’1,5 degré Celsius. La sortie progressive des énergies fossiles et la transition vers une utilisation exclusive d’énergies propres et renouvelables engendreront non seulement le passage à une économie bas carbone dans le monde, mais nous aideront également à nous engager sur un chemin de renouveau spirituel dont nous avons le plus grand besoin. Outre notre progression spirituelle, et conformément aux recommandations des Nations unies, protéger nos forêts, tendre vers une alimentation basée sur des aliments d’origine végétale, réduire notre consommation, recycler, adopter les énergies renouvelables, prendre l’avion moins souvent et préférer les transports en commun comptent parmi les actions les plus efficaces que nous pouvons accomplir en tant qu’individus. Nous pouvons tous changer les choses.

Nous demandons aux dirigeants mondiaux de reconnaître et d’assumer la responsabilité universelle que nous avons de protéger le tissu de la vie pour le bien de tous, à présent et dans le futur.

Pour ces raisons, nous demandons à toutes les parties présentes à Paris :

  1. d’être guidées par la dimension morale des changements climatiques telle qu’indiquée dans l’article 3 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
  2. d’accepter de sortir progressivement des énergies fossiles pour opérer une transition vers l’utilisation d’énergies renouvelables et propres à 100%.
  3. de faire preuve d’une volonté politique de combler l’écart entre les besoins et les promesses des pays parties en matière de réduction des émissions, afin de garantir que la température moyenne mondiale augmentera de moins d’1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle.
  4. de s’engager fermement à augmenter les financements au-delà des cent milliards de dollars promis en 2009 à Copenhague, y compris pour le Fonds vert pour le climat (GCF), afin d’aider les pays en voie de développement vulnérables à se préparer aux conséquences des changements climatiques ainsi qu’à une transition vers une économie bas carbone.

C’est maintenant qu’il faut agir.

Cordialement,

 

*plus d’informations ici

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